Cette feuille de route R&D définit huit axes stratégiques pour transformer les réseaux électriques face aux défis de la décarbonation, de la transition numérique et de la résilience. Elle vise à fédérer les acteurs de la filière autour d’une vision commune pour optimiser les investissements, l’innovation technologique et l’empreinte environnementale du système.
Les systèmes et réseaux électriques jouent un rôle fondamental dans l’atteinte de l’objectif de décarbonation de l’Union Européenne et font l’objet de transformations profondes et rapides. Ces changements portent sur les moyens de production, les usages de l’électricité, les technologies des composants du réseau, mais aussi sur la réglementation, les modèles d’affaires et les attentes sociétales. Et les nombreuses innovations dans les domaines du numérique et de la donnée amplifient les évolutions. En intégrant l’ensemble de ces éléments, la feuille de route R&D s’articule autour de huit axes :
• Transition énergétique optimale : il s’agit de développer des nouvelles méthodes de prévision des profils de charge tenant compte des nouveaux usages et de l’intelligence répartie, de quantifier les différents besoins en flexibilités, de transformer les méthodes de développement, de conduite et d’exploitation du réseau pour intégrer les flexibilités, de développer des solutions pour limiter les occurrences de surproduction et d’adapter le market design et la réglementation.
• Compétitivité et efficience : l’objectif est d’optimiser les investissements et la gestion des actifs, de piloter au mieux le réseau, notamment avec la décentralisation de l’intelligence et la virtualisation, d’améliorer la relation clients et de permettre de nouveaux services en tirant parti du traitement de données massives, de l’IA de l’IA-Gen.
• Résilience du système : des solutions innovantes sont nécessaires pour faire face à la complexité croissante du système, maîtriser les risques liés aux cyberattaques, prévoir les effets des événements climatiques extrêmes et adapter le réseau et ses composants à ces nouvelles contraintes.
• Empreinte environnementale : des travaux de R&D sont indispensables pour limiter le bilan carbone, minimiser la consommation de matière, intégrer la biodiversité et limiter l’artificialisation des sols. Ils devront permettre de développer des indicateurs environnementaux exploitables et pertinents.
• Composants innovants : l’objectif est de tirer parti des progrès de l’électronique de puissance, de concevoir les nouveaux composants nécessaires compte tenu de l’évolution du système électrique, y compris les composants pour les réseaux à courant continu, et d’intégrer les perspectives offertes par la supraconductivité
• Opportunités du digital : il s’agit de développer des solutions innovantes permettant de traiter des quantités massives de données, de garantir leur qualité, de gérer l’accès aux données, de protéger la vie privée et garantir la souveraineté, de maitriser les risques liés aux cyberattaques, de développer l’interopérabilité et de tirer parti des innovations télécom pour la gestion des réseaux électriques.
• Usagers, territoires, gouvernance : l’objectif est de contribuer à la définition et à la mise en œuvre des politiques publiques nationales et locales, de faciliter les actions de sobriété, d’intégrer la faisabilité sociotechnique dans la réalisation des nouveaux ouvrages de réseau, d’accompagner les consommateurs pour en faire des acteurs des évolutions du système et de contribuer à la conception d’un market design et de tarifs de réseaux efficaces, justes et incitatifs.
• Solutions innovantes pour les pays en voie d’électrification, en reconstruction et ZNI : des travaux de R&D doivent permettre d’intégrer des énergies renouvelables dans des proportions inédites, d’assurer le maintien de la fréquence du système et de la tension dans un contexte de foisonnement limité, d’adapter les systèmes de protection du réseau à des territoires faiblement maillés, de planifier l’évolution de micro-grids décarbonés à coût réduit, dans des contextes d’ajout progressif des usages et de moyens de production et de concevoir des composants et infrastructures micro-grids pérennes dans des contextes de difficile réparabilité.
Cette feuille de route doit permettre aux différents acteurs de la filière, industriels, centres de recherche et organismes de financement, de partager une vision commune des perspectives et des priorités. Elle vise à favoriser les coopérations et à orienter au mieux les ressources disponibles.
